La violence faite aux… (non !) PAR les femmes

Attention, cet article est un coup de gueule politiquement incorrect. Mais c’est mon avis et il n’engage que moi.

J’en ai ras-le-bol de la violence faite aux femmes. Marre d’entendre des faits divers toujours plus sordides, des chiffres toujours plus effrayants de femmes tuées, violées, battues à mort par leur conjoint. Il y aurait beaucoup à dire sur ces agressions mais ce n’est pas exactement le sujet de l’article d’aujourd’hui. Ce qui me révolte, c’est la violence que beaucoup de femmes s’infligent à elles-mêmes. C’est peut-être la première contre laquelle on peut se battre.

Cette violence ordinaire commence souvent par des mots que l’on a envers soi-même : « je suis moche », « je suis trop grosse », « je suis trop bête ». Ce sont des mots très durs qu’on n’oserait jamais dire à une autre personne. Mais on s’autorise à se les dire. Cela n’a l’air de rien mais petit à petit, notre inconscient finit par intégrer ces mots comme étant des vérités. On se dévalorise, et cela nous semble tout à fait normal.

Puis arrive l’homme. L’homme « idéal ». Au début, tout est parfait. Il nous fait nous sentir belle, intelligente, importante. À travers ses yeux, on se trouve de la valeur. Mais ce n’est qu’une illusion. Car très vite, les choses commencent à changer. Il se met à faire des remarques désobligeantes, émettre des critiques. Et les mots deviennent de plus en plus durs. Mais ces mots, on les connait puisqu’on se les ait déjà tant de fois répétés. Ça fait mal de les entendre, mais il doit avoir raison. Il faut en faire plus pour lui, faire plus d’efforts, pour qu’il continue à nous aimer. Ce n’est pas si grave, il était stressé, fatigué, je l’ai énervé, il regrette, il s’est excusé, il m’a fait un cadeau… Et on finit par tout accepter de lui.

L’idée n’est pas de blâmer les femmes qui sont dans cette situation ou de dire qu’elles en sont responsables. Bien sûr que non. Le but est de comprendre les mécanismes qui se mettent en place pour mieux les désamorcer.

Mais c’est la que le bât blesse, car je n’arrive pas à comprendre. Alors s’il vous plait, expliquez-moi. Qu’est-ce qui justifie qu’une femme reste avec un homme après le premier coup ? L’amour ? Quel genre d’amour autorise de maltraiter son partenaire ? Ou alors est-ce par peur ? Mais la peur de quoi ? Qu’est-ce qui peut bien être pire que le sort auquel on se condamne en restant ?
Ce n’est pas tout : comment décide-t-on de faire un enfant avec un homme sachant qu’il est violent / alcoolique / drogué / infidèle / marié / malade psychiatrique (rayez les mentions inutiles) ? Parfois, nous les femmes, nous créons notre propre malheur.

Vous connaissez peut-être une femme (amie, collègue, soeur) qui est empêtrée dans une relation malsaine avec un homme qui ne la respecte pas. Peut-être même qu’il la maltraite, psychologiquement ou physiquement. Vous avez beau lui dire que cet homme n’est pas bon pour elle, la situation perdure et elle n’arrive pas à prendre la décision de le quitter. Peut-être êtes-vous vous-même dans cette situation.

Il y a de nombreux cas où l’on est impuissante face à une agression, à des actes violents. Mais dans certains cas, on peut faire quelque chose et malgré tout on ne le fait pas. Pourquoi ? À croire que la société, les médias, les faits divers, nous ont condamnées à perpétuité au rôle de victime, au point de nous faire oublier qu’on a le choix.  On ne peut pas changer les autres mais on peut se changer soi-même.

Alors je ne prétends pas avoir de solution miracle, mais peut-être pouvons-nous explorer quelques pistes.

Estime de soi : bien souvent à mon avis, ces situations de violence chronique ont plus de risque de se produire quand on a soi-même un déficit d’amour propre. On donne alors à l’autre trop de pouvoir sur nous. On envoie inconsciemment des signaux qui lui montrent que quelle que soit la façon dont il nous traite, nous lui reviendrons. On ne devrait pas aimer qui que ce soit plus que nous-même. Développer son estime de soi et sa confiance en soi peut nous armer contre des personnes malveillantes.

Vigilence : beaucoup de choses se jouent dans les premiers mois d’une relation. Poser des limites tout de suite est indispensable. Refuser les situations, comportements, mots inappropriés, dire non permet de s’affirmer et se faire respecter.

Écoute : prêter attention à la petite voix intérieure qui nous alerte quand une situation n’est pas normale, peut être salvateur. Mais on a trop souvent tendance à l’ignorer. De même, nos proches ont souvent l’œil pour repérer les gens qui nous sont nuisibles. On devrait les écouter, surtout quand il y a un consensus, et faire attention à garder un lien étroit avec eux parce que l’isolement nous rend plus vulnérable.

Parole : que ce soit à des proches ou dans des groupes de discussion, raconter ce que nous vivons et échanger avec d’autres peut nous donner du recul sur notre situation et nous aider à trouver des solutions. Cela permet également de s’informer sur les différentes options, notamment sur le plan juridique.

Enfin posons-nous la question : suis-je vraiment heureuse ?

Si vous pensez que vous ne méritez pas mieux, laissez-moi vous dire que c’est faux. Pour la simple et bonne raison que personne ne mérite de vivre dans la peur. Mais la violence perdurera tant qu’il y aura des gens pour l’accepter. Arrêtons de tolérer les situations qui nous font souffrir. Nous avons le choix alors reprenons le contrôle de notre vie.

 

Dans un prochain article intitulé « La violence n’a pas de genre », j’aborderai le sujet sensible des femmes qui agressent.